Pour une meilleure compréhension de mon livre

Pour une meilleure compréhension de mon livre "Et si Einstein s'était trompé sur un point capital dans son analyse aboutissant à la relativité restreinte"

(Texte relu, jusqu'aux explications complémentaires, par USAN-Correction qui a effectué un très bon travail dans la relecture de ce livre et que je recommande vivement)

http://www.correction-textes.com/  

 

 

« L'histoire des Sciences montre que les progrès de la Science ont constamment été entravés par l'influence tyrannique de certaines conceptions que l'on avait fini par considérer comme des dogmes. Pour cette raison, il convient de soumettre périodiquement à un examen très approfondi les principes que l'on a fini par admettre sans plus les discuter »  de Broglie, Louis. Nouvelles perspectives en microphysique:  Champs Flammarion, (1992)  p. 142.

 

Voici quelques remarques permettant une meilleure compréhension de mon livre Et si Einstein s’était trompé sur un point capital dans son analyse aboutissant à la relativité restreinte ?

L’invariance de la vitesse de la lumière, comme deuxième postulat de la relativité restreinte, implique la relativité de la simultanéité au niveau physique. De ce fait, on peut considérer que cette dernière est à l’origine de la conception du temps de la relativité restreinte. Dans mon ouvrage, je cherche à savoir si cette relativité de la simultanéité au niveau physique est réellement possible. Il faut s’en tenir à cela, car c’est sans doute la seule manière de démontrer qu’il y a en fait une simultanéité absolue, et que, dès lors, la vitesse de la lumière ne peut pas être dans tous les cas de figure invariante.

La physique, dans sa façon de procéder, n’a pas forcément cette ligne d’interprétation en ce qui concerne la relativité de la simultanéité, mais ce n’est pas une cause de non-poursuite du raisonnement jusqu’au bout. En effet, je prétends que c’est peut-être la seule manière de ne pas rester dans le flou, et conclus en affirmant qu’il existe nécessairement au niveau physique une simultanéité absolue, ce qui peut aboutir à une évolution très importante de notre conception de l’espace-temps. D’ailleurs, certains scientifiques, voulant unir relativité et quanta, cherchent à adopter une approche relationnelle de l’espace. Mais, de mon point de vue, cela implique de sortir de la conception du temps de la relativité restreinte.

Un lecteur de mon ouvrage m’a fait remarquer que, au-delà de la relativité de la simultanéité, la relativité restreinte traitait d’invariants, par exemple en ce qui concerne le temps propre ou l’intervalle d’espace-temps, et que c’était principalement cela que les scientifiques prenaient en compte. Mais, en fait, l’approche de ces deux notions va être différente selon que l’on pense qu’il y a une simultanéité absolue, ou bien, au contraire, une relativité de la simultanéité. Par exemple, concernant la notion de temps propre, elle peut être aussi présente avec une simultanéité absolue, mais son approche est différente (voir page 39 de mon livre). Ainsi, même si la physique n’a pas forcément dans sa manière de procéder cette ligne d’interprétation, cela n’empêche pas de poursuivre le raisonnement jusqu’au bout.

Lors d’une discussion sur ce sujet, il est important de considérer ces différents points :

1 - L’invariance de la lumière implique la relativité de la simultanéité au niveau physique. La conception du temps de la relativité restreinte repose donc au moins à son origine, si l’on se penche sur le deuxième postulat de la relativité restreinte (l’invariance de c), sur la relativité de la simultanéité au niveau physique.

Voilà ce qu’il faut entendre, selon mon analyse, par relativité de la simultanéité au niveau physique :

« Du point de vue de ce qui se passe physiquement dans l’expérience du train d’Einstein, lorsque les deux observateurs sont à la même position, soit le rayon lumineux à l’arrière du train existe “vis-à-vis” des deux observateurs et on a une simultanéité absolue, soit il existe seulement “vis-à-vis” d’un des deux observateurs et on a une relativité de la simultanéité au niveau physique. Il n’y a pas de tierce possibilité. Or, avec une relativité de la simultanéité au niveau physique, on arrive à des contradictions, ce qui nous montre de manière certaine qu’il y a en fait une simultanéité absolue au niveau physique. Cela signifie aussi que la vitesse de la lumière ne peut pas être dans tous les cas de figure invariante » (page 25 de Et si Einstein s’était trompé sur un point capital dans son analyse aboutissant à la relativité restreinte ?)

            J’affirme qu’il n’y a pas de tierce possibilité entre relativité de la simultanéité au niveau physique et simultanéité absolue, car, à partir du moment où l’on admet que le rayon lumineux a été émis pour un observateur, ou bien il a aussi été émis pour l’autre observateur, ou bien non.

2 - La relativité de la simultanéité au niveau physique est physiquement et métaphysiquement impossible. On s’en aperçoit dès lors que l’on prend en compte l’existence des corps (se reporter à la démonstration de mon livre).

On n’est pas obligé de considérer le moment de l’accélération pour traiter mon objection. Il suffit de prendre en compte l’instant où l’observateur de la gare a commencé son accélération et celui où il rejoint l’observateur du train en ayant le même mouvement que lui. En sachant que, quand l’observateur de la gare rejoint l’observateur du train, son point de vue doit être le même que le sien. Et, si l’on considère qu’il y a une relativité de la simultanéité au niveau physique, on peut faire face à cette impossibilité physique et métaphysique : « le rayon lumineux (qui peut être remplacé par n’importe quel corps) qui a existé vis-à-vis de l’observateur de la gare devrait, par la suite, n’avoir pas encore existé vis-à-vis de ce même observateur. » Il suffit, pour se trouver dans ce cas-là, que l’observateur de la gare, une fois que le rayon lumineux a été émis pour lui, rejoigne l’observateur du train avant que ledit rayon soit émis pour ce dernier. Tant que l’on ne considère pas l’existence du rayon lumineux ou de « la balle de tennis » vis-à-vis de l’observateur de la gare, on ne voit pas l’objection. Il faut découvrir, pour parvenir à ma position, ce que la relativité de la simultanéité au niveau physique implique.

3 - Et comme il n’existe pas de tierce possibilité entre relativité de la simultanéité au niveau physique et simultanéité absolue au niveau physique, cela signifie qu’il y a forcément une simultanéité absolue au niveau physique, et que, de ce fait, la vitesse de la lumière ne peut pas être dans tous les cas de figure invariante (voir page 27 de mon dernier livre). La simultanéité absolue n’implique pas de temps absolu, deux horloges identiques, placées dans des conditions différentes, pouvant très bien tourner simultanément à des rythmes différents. Son existence au niveau physique ne suppose pas non plus l’absence d’une relativité de la simultanéité au niveau opérationnel, liée à la synchronisation des horloges. Cela serait d’ailleurs impossible autrement.

4 - C’est à partir du moment où l’on considère ce qui est censé se passer physiquement que cette argumentation me paraît imparable. Mais, si ce problème a déjà longuement été évoqué par les scientifiques et les philosophes, il se pose la question de savoir pourquoi ils n’aboutissent pas à la même conclusion. En effet, je ne constate aucune faille dans ce raisonnement. À mon avis, leur désaccord vient de leur limitation à une approche mathématique et opérationnelle, sans prise en compte du fait que l’invariance de la vitesse de la lumière implique la relativité de la simultanéité au niveau physique. À partir du moment où l’on admet ce point, on est bien obligé de donner un sens physique aux lignes de simultanéité en les faisant correspondre, à travers une reconstruction de ce qui est censé se passer physiquement, à l’existence des corps. D’après mon analyse, c’est parce que les scientifiques et les philosophes n’effectuent pas cette démarche qu’ils ne s’aperçoivent pas que la relativité de la simultanéité au niveau physique est physiquement et métaphysiquement impossible.

 

À partir de là, il peut y avoir toute une discussion sur la nouvelle vision de l’univers qu’il faut élaborer. Mon précédent livre, Le Principe Moteur de l’Univers et l’Espace-Temps, traite de ce sujet au niveau philosophique, mais de manière encore trop imprécise. De plus, il comporte des considérations théologiques, ce qui peut être rebutant pour certains. Il s’agit de parvenir à une théorie générale de l’univers en se demandant sur quel postulat conceptuel elle peut reposer, d’où le rôle d’une approche philosophique sur cette question (voir postface du livre Et si Einstein s’était trompé sur un point capital dans son analyse aboutissant à la relativité restreinte ? et chapitres VI et VIII du livre Le Principe Moteur de l’Univers et l’Espace-Temps). Il me semble, en ce qui concerne tous ces sujets, qu’il y a vraiment matière à débat. Bien sûr, ma façon d’aborder les choses est sans doute inhabituelle, mais ce n’est pas pour cela qu’elle n’est pas pertinente.

 

Explications complémentaires :

Relativité de la simultanéité au niveau physique :

Une fois que l'on a compris que l'invariance de la vitesse de la lumière impliquait la relativité de la simultanéité au niveau physique tout le reste découle. Il n’y a pas trente six manières de définir la relativité de la simultanéité au niveau physique, il n’y en a sans doute qu’une:

Dans l’expérience de pensée du train Einstein, les deux rayons lumineux sont émis simultanément pour l’observateur de la gare, et  ne seraient, d’après l’interprétation d’Einstein, pas émis  simultanément pour l’observateur du train.

Pour l’observateur de la gare, les deux rayons lumineux sont émis lorsque les deux observateurs sont à la même distance des deux sources lumineuses . (quand les deux observateurs sont en face)

Pour l’observateur du train, le rayon lumineux à l’avant du train serait émis avant le rayon lumineux à l’arrière du train. Lorsque les deux observateurs sont à la même distance des deux sources lumineuses (quand les deux observateurs sont en face), le rayon lumineux à l’avant du train aurait déjà été émis, le rayon lumineux à l’arrière du train n’aurait pas encore été émis. Il sera émis quand l’observateur du train sera un peu plus loin.

Donc, lorsque les deux observateurs sont à la même distance des deux sources lumineuses (quand les deux observateurs sont en face), le rayon lumineux à l’arrière du train est sensé exister à l’arrière du train vis-à-vis de l’observateur de la gare et sensé ne pas exister vis-à-vis de l’observateur du train (c'est cela la relativité de la simultanéité au niveau physique). Il existera, vis-à-vis de l'observateur du train, quand l'observateur du train sera plus loin, et cela peut être beaucoup plus loin si les sources lumineuses sont très éloignées. C'est ce qui est impliqué par l'expérience de pensée du train d'Einstein, même si ce n'est pas dit explicitement. Il suffit de suivre le raisonnement pour le comprendre.

 

La ligne de simultanéité de l'observateur de la gare (ce qui serait simultané pour cet observateur) permet de dire que le rayon lumineux ou "la balle de tennis" existe vis-à-vis de l'observateur de la gare quand les deux observateurs sont en face , et à partir de cet instant là on peut calculer la trajectoire de "la balle de tennis" par rapport à l'observateur de la gare (le rayon lumineux, en ce qui concerne la relativité de la simultanéité, peut être remplacé par n'importe quel corps).

De même, quand l'observateur du train aura dépassé la gare, par exemple 100 mètres plus loin: la ligne de simultanéité de l'observateur du train permet de dire que le rayon lumineux ou "la balle de tennis" existe à partir de cet instant là vis-à-vis de l'observateur du train (du moins selon l’interprétation d’Einstein).  Et à partir de cet instant là on peut calculer la trajectoire de "la balle de tennis" par rapport à l'observateur du train (bien sûr, pour être dans le cas donné, il faudrait que la "balle de tennis" soit très loin dans l'espace).


Et si l'observateur de la gare accélère et rejoint l'observateur du train , dans certains cas de figure les deux calculs ne vont pas correspondre, et, de ce fait on a deux représentations mathématiques contradictoires en ce qui concerne la position de "la balle de tennis" . C’est ce qui est montré avec l’exemple de la navette et du missile, et, de mon point de vue, ce raisonnement est inattaquable. Ce qui montre qu'il n'y a en fait, au niveau physique, pas de relativité de la simultanéité.

 

(On peut faire la correspondance avec l’exemple de la navette et du missile, voir vidéo plus loin).

 

Objection :

Comme on ne peut pas être sur de la synchronisation de deux horloges distantes, on ne peut pas savoir quand le rayon lumineux a été émis pour l’observateur de la gare, et, de ce fait, l’expérience de pensée n’est pas valide.

Réponse :

Ce n’est pas exactement comme cela que se présente l’expérience de pensée. C’est l’erreur d’appréciation de beaucoup de physiciens, il y en effet une confusion entre le théorique et l’opérationnel. On a absolument pas besoin de synchroniser les horloges de manière opérationnelle pour que l’objection soit valide. Je pars du constat que l’invariance de la vitesse de la lumière implique la relativité de la simultanéité au niveau physique, c’est une vérité théorique au delà de l’aspect opérationnel. Et c’est à partir de cette vérité théorique que je bâtis mon objection. Il s’agit de juger si "la relativité de la simultanéité au niveau physique" est réellement possible.

Pour que la vitesse de la lumière puisse être invariante cette vérité théorique implique que, dans l’expérience de pensée du train d’Einstein, le rayon lumineux à l’arrière du train existe vis-à-vis de l’observateur de la gare et n’existe pas vis-à-vis de l’observateur du train, lorsque les deux observateurs se croisent. Et on peut se trouver dans le cas ou l’observateur de la gare peut rejoindre l’observateur du train avant que le rayon lumineux existe pour l’observateur du train. Comme l’observateur de la gare, quand il rejoint l’observateur du train, doit prendre le point de vue de l’observateur du train, on se trouve dans le cas ou le rayon lumineux qui a existé vis-à-vis de l’observateur de la gare devrait par la suite n’avoir pas encore existé vis-à-vis du même observateur, ce qui est impossible.

 

Objection:

"L'observateur de la gare et l'observateur du train ne peuvent pas savoir si le rayon lumineux a été émis ou pas. Le présent est un concept métaphysique, mais si on veut lui donner une consistance physique; alors la définition du présent d'un observateur à un instant T, correspond au niveau physique à l'ensemble de l'univers tel qu'il le photographierait à cet instant T (bordure du cône passé https://fr.wikipedia.org/wiki/C%C3%B4ne_de_lumi%C3%A8re ). Le présent d'un observateur revêt donc un caractère local et ne correspondra pas à celui d'un autre observateur distant, stationnaire ou pas par rapport à lui (voir schéma avec deux observateurs Orange et Vert). En conséquence, l'expérience de pensée n'est pas valide." (Yann le Roux)

Dessin zefram

 

Réponse:

On ne peut pas se limiter à cette définition opérationnelle du présent: car, même si ce qui est perçu de manière présente par un observateur ne correspond pas à ce qui se passe actuellement pour un objet situé à distance, pour que les rayons lumineux continuent d'arriver, il faut qu'ils soient actuellement en train de se rapprocher de l'observateur. Ce qui veut dire qu'il faut qu'ils existent actuellement vis-à-vis de l'observateur même s'ils sont situés à distance de celui-ci. C'est seulement, en tant qu'il est observateur, que le présent d'un observateur a un caractère local, mais, en tant que l'observateur existe, le présent d'un observateur n'est pas que local. En effet, même si l'observateur n'a aucun moyen de le savoir, ou bien le rayon lumineux, situé à distance, "existe vis-à-vis de lui" ou bien il "n'existe pas vis-à-vis de lui". J'utilise l'expression "exister vis-à-vis" car c'est impliqué par la conception du temps de la relativité restreinte (voir plus haut). Mais en fait, en ce qui concerne le fait d'exister, considérer qu'un même corps existe vis-à-vis d'un observateur et pas vis-à-vis de l'autre, alors que les deux observateurs sont à la même position, est contradictoire (ce point pouvant être expliqué plus précisément). Ce qui veut dire, que si on considère l'existence des choses, on s’aperçoit qu'il y a nécessairement une simultanéité absolue (voir plus haut).

 

En réponse à la conférence de Marc Lachièze-Rey:

Il ne faut pas croire que les différentes questions que j’évoque sont totalement résolues par la physique actuelle. Le physicien travaille dans un cadre d’analyse complexe, et, de ce fait il n’est pas forcément facile d’envisager les choses de manière radicalement différente. L’approche philosophique représente un certain apport, car elle insiste sur l’aspect conceptuel, au-delà de l’aspect mathématique et opérationnel (ce qui d’ailleurs lui simplifie grandement la tache). Pour illustrer cela, je vais faire quelques remarques sur cette conférence récente et très intéressante de Marc Lachièze-Rey. Elle  ne dure que 20 minutes et permet de se familiariser avec la manière de penser de la physique actuelle.

Le temps existe-t-il vraiment, ou est-ce simplement un concept? | Marc Lachièze-Rey | TEDxChambery 17 Juin 2017

https://www.youtube.com/watch?v=9BEAGS5TnDY

 Je ne vais pas reprendre de manière chronologique toute la conférence, mais seulement signaler deux points d’interprétation litigieux qui ont des conséquences importantes sur les autres développements. Marc Lachièze-Rey signale qu’Einstein a constaté en premier que la notion de simultanéité ne peut pas exister. Une des raisons évoquées serait qu’il est impossible pour des observateurs distants de se mettre d’accord sur la notion de simultanéité.

 « L’impossibilité de se mettre d’accord sur une réponse nous indique non seulement que la simultanéité n’existe pas, mais aussi que la notion de temps ne peux pas exister »

 Je me permets de faire remarquer que ce n’est pas parce que, d’un point de vue opérationnel, on ne peut pas savoir si deux événements distants sont simultanés, que la simultanéité entre deux événements distants ne peut pas exister.

 Ensuite au sujet des jumeaux de Paul Langevin :

« La conclusion, encore une fois, c’est que le temps ne peut pas exister, car chacun des deux jumeaux peut dire : moi la durée que j’ai vécu c’est une mesure du temps. Mais, comme elles sont différentes, il ne peut pas avoir un temps unique pour tout le monde. »

Ce qui vient d’être dit sur les deux jumeaux ne permet pas de conclure de manière certaine au sujet du temps. En effet, il faut tenir compte du fait que deux horloges identiques, placées dans des conditions différentes, peuvent très bien tourner simultanément à des rythmes différents. On ne peut pas éliminer de manière arbitraire cette possibilité. Les conditions spatiales ont une influence sur le rythme des horloges. D’ailleurs, quand une horloge est en haut d’un immeuble, son rapport à la gravité n’est pas le même que quand elle est en bas du même immeuble, et c’est une des raisons de son changement de rythme. Et, dans une approche relationnelle de l’espace,  le mouvement est un changement de rapport du corps à l’espace. Donc, même si les durées sont différentes d’une horloge à l’autre, ce n’est pour cela qu’il n’y a pas qu’un seul temps. Donc ce que dit Marc Lachièze-Rey est certainement valable dans un cadre d’interprétation, mais rien ne dit que ce cadre d’interprétation soit le bon.

 

Exemple de la navette et du missile:

Spacetime diagram of relativity does not correspond to what actually occurs. This would also mean that the speed of light is not always invariant.


https://youtu.be/6ZLSlDn4W_8

 

Imaginons que le missile ait déjà parcouru 100 mètres avant que la navette n'accélère, la navette commence le premier calcul de la trajectoire du missile à partir de ce point là.

Une fois que la navette a accéléré, elle regarde quelle est la position du missile sur le diagramme d'espace-temps et là le missile n'est pas encore parti. Elle commence le deuxième calcul de la trajectoire du missile alors que le missile est sensé être encore à son point de départ.

On voit bien que les deux calculs ne vont pas donner le même moment d'arrivée du missile, puisque selon le premier calcul le missile a parcouru plus de 100 mètres, alors que selon le deuxième calcul le missile n'est pas encore parti (ces deux calculs, à ce moment là, étant réalisés en même temps depuis la navette). Ce qui veut dire que, si on suit ce que dit le diagramme d’espace-temps, dans certains cas de figure, on peut avoir deux représentations mathématiques contradictoires en ce qui concerne la position du missile. Et la différence entre les deux calculs est due entièrement à la croyance à la relativité de la simultanéité au niveau physique, et non pas à une imprécision du calcul quant à la trajectoire.
Bien sûr, pour que cela apparaisse de manière évidente, tel que je viens de le décrire,  il faudrait que le missile soit à des centaines de milliards de kilomètres de la navette.

 

Objection :

On ne peut pas se servir du principe de causalité, tel que défini en philosophie, pour montrer que l’approche de la causalité en relativité restreinte est fausse.

Réponse :

« En physique, le principe de causalité affirme que si un phénomène (nommé cause) produit un autre phénomène (nommé effet), alors l'effet ne peut précéder la cause. À ce jour, il n'a pas été mis en défaut par l’expérience, mais certaines théories envisagent une causalité inversée. » Wikipédia

Il est question du  rapport entre l’antécédent et le conséquent.  Mais le rapport entre l’antécédent et le conséquent suppose l’existence de réalité ayant un certain comportement. C’est pour cela que le principe de causalité, ce n’est pas seulement le rapport entre l’antécédent et le conséquent, mais c’est ce qui rend compte de l’existence des choses de leur structure et de leur comportement. Et, en prenant en compte l’existence des corps, on voit bien que l'approche de la relativité restreinte doit être remplacée par une vision plus profonde du monde physique. Ce qui ne veut pas dire que cette théorie ne gardera pas un domaine important d'application.

Il ne peut pas y avoir une causalité inversée, si on prend en compte l’existence ou la non existence des corps, par contre il peut avoir différents modes de présence de la cause finale, bien que le rôle de la cause finale n’apparaisse pas clairement au physicien.

 

Objection :

"l’invariance de la vitesse de la lumière implique la relativité de la simultanéité au niveau physique" ne veut rien dire, car pourquoi  les concepts de passé/présent/futur, définis  pour un temps absolu, devraient s'appliquer au temps d'un référentiel défini comme relatif en relativité.

Réponse :

Pour parler de vitesse d’un corps entre deux points, il faut que le corps soit à tel instant à ce point, puis à tel autre instant à cet autre point , et il faut établir un rapport entre ces deux instants.  Ce qui veut dire que, pour parler de vitesse d’un corps entre deux points, on est obligé d’établir une ligne de simultanéité. D’un point de vue opérationnel,  il n’est pas forcément possible d’établir une ligne de simultanéité, car on ne sait pas toujours si deux événements distants sont simultanés ou non. Mais ce n’est pas pour cela que l’on ne peut pas juger, de manière théorique, du principe de relativité de la simultanéité au niveau physique.

 

Objection:

On ne peut pas constater de manière expérimentale la simultanéité absolue au niveau physique, c'est donc un concept métaphysique et à ce titre elle ne concerne pas la physique.

Réponse :

L'invariance de la vitesse de la lumière implique la relativité de la simultanéité au niveau physique, mais cette dernière ne peut pas être constatée directement. C'est une position métaphysique impliquée par la relativité restreinte. Par contre on peut montrer que cette conception des choses aboutit à des contradictions (voir objection de la navette et du missile). En effet, en suivant cette objection, on s'aperçoit, si on tient compte de la relativité de la simultanéité au niveau physique, que l'on peut formuler deux calculs mathématiques contradictoires en ce qui concerne la position du missile. Ce qui montre que la relativité restreinte, si on tient compte de son présupposé: "la relativité de la simultanéité au niveau physique", aboutit, même d'un point de vue mathématique, à une contradiction. Ce qui veut dire que, d'un point de vue physique, il y a nécessairement une simultanéité absolue, car il n'y a pas de tierce possibilité.

 

Conclusion :

Quand on constate que la vitesse de la lumière est invariante dans tel et tel cas de figure, cela n’implique pas nécessairement que la vitesse de la lumière soit invariante dans tous les cas de figure. Le fait de considérer c comme une vérité universelle n’est donc pas nécessaire. Alors que le fait de considérer que, l’invariance de la vitesse de la lumière implique la relativité de la simultanéité au niveau physique, est une vérité universelle. C’est pour cela qu’il faut commencer par là. La perception de la causalité de la relativité est trop limitée, car elle ne regarde que le rapport entre l’antécédent et le conséquent, en considérant en plus que l’invariance de  c est une vérité universelle, alors que ce n’est pas forcément le cas. La causalité, ce n’est pas seulement le rapport entre l’antécédent et le conséquent, mais c’est ce qui rend compte de l’existence des choses de leur structure et de leur comportement. Et, en prenant en compte l’existence des choses, on voit bien que la conception de la relativité restreinte ne convient pas. Il faut commencer par comprendre que l’invariance de la vitesse de la lumière implique la relativité de la simultanéité au niveau physique, et on voit bien alors que tout le reste suit.

 

Résumé:

Einstein, en pensant que la vitesse de la lumière est invariante dans tous les cas de figure, a créé un cadre d’interprétation : la relativité restreinte. Mais on peut montrer que ce cadre d’interprétation n’est pas cohérent si on regarde ce qui est impliqué par l’invariance de la vitesse de la lumière, à savoir la relativité de la simultanéité au niveau physique. Pour s’en persuader il suffit de regarder l’exemple de la navette et du missile, en prenant en compte l’existence du missile en fonction de ce qui est montré sur le diagramme d’espace-temps. Ce qui veut dire, de manière certaine, qu’il faut trouver un autre cadre d’interprétation reposant sur le constat qu’il y a nécessairement une simultanéité absolue. Si on suit le raisonnement, on comprendra que c'est l'existence même de l'être qui montre qu'il ne peut pas y avoir de relativité de la simultanéité au niveau physique, ce qui veut dire qu'il y a nécessairement au niveau physique une simultanéité absolue, car il n'y a pas de tierce possibilité. A partir de là une nouvelle conception de l'espace-temps est possible: "l'espace-temps comme émanation de la causalité". C'est en écoutant une conférence d'Etienne Klein que j'ai entendu cette expression pour la première fois, bien que je réfléchisse sur ce sujet depuis longtemps.

 

Philippe de Bellescize