Suite 3 à la lettre circulaire

Le 07/04/2018

 

Un retour à la conception du temps d’Aristote pourrait s’opérer.

 

Le temps pour Aristote est le nombre du mouvement selon l’avant et l’après, dans le sens de ce qui permet de nombrer le mouvement. Mais le temps peut être lui-même nombré en établissant un rapport entre deux mouvements, ce qui permet d’éviter le paramètre t (cette idée est présentée et défendue par Carlo Rovelli). Par contre, Carlo Rovelli, qui s’inspire de la position d’Aristote, si j’ai bien compris, pense que le temps est discret, ce qui ne me paraît pas totalement dans le prolongement de la conception d’Aristote.

 

C’est la même chose de dire que, pendant tel mouvement de l’horloge, il y a eu tel mouvement du corps, que de dire que, pendant tel mouvement du corps, il y a eu tel mouvement de l’horloge (ce qui permet de se passer du paramètre t). Tout comme on ne peut pas nier, du fait que l’existence d’un corps est continue, que le mouvement d’un corps est continu, on ne peut pas non plus nier que le temps est continu. C’est pour cela que Carlo Rovelli, tout en se référant à Aristote, ne va, me semble-t-il, pas au bout du raisonnement.

 

Le rapport entre deux mouvements peut varier en fonction des conditions spatiales, mais ce n’est pas pour cela qu’il n’y a pas un instant présent pour l’Univers, deux horloges « identiques », placées dans des conditions spatiales différentes, pouvant très bien tourner simultanément à des rythmes différents – par exemple deux horloges « identiques » à deux étages différents d’un même immeuble. Dire qu’il y a une simultanéité absolue revient à dire qu’il y a un instant présent pour l’univers. La conception de l’espace-temps de la physique doit être, de mon point de vue, totalement repensée dans ce cadre. Et il faut revenir à une perception aristotélicienne de la causalité, la perception de la causalité, de la relativité restreinte, étant limitée et faussée.

 

On avance. J’espère que les scientifiques vont finir par réagir, en se rendant compte qu’il faut sortir de la conception du temps de la relativité restreinte (1), l’erreur de la relativité restreinte étant d’ailleurs en partie reportée dans la relativité générale (voir section C de la lettre circulaire). Si les scientifiques en sont arrivés là, c’est aussi parce qu’ils ont perdu de vue l’analyse par les quatre causes, propre à la philosophie aristotélicienne. On ne peut certes pas en rester à la vision du monde d’Aristote, mais il faut éviter de « jeter le bébé avec l’eau du bain ».

 

Le sujet est important, car il s’agit pour la physique d’entrer dans un nouveau paradigme.

 

Lettre circulaire à quelques philosophes et scientifiques :

http://www.leprincipemoteurdelunivers.com/pages/lettre-circulaire-du.html

 

À lire en parallèle avec ce texte (l’erreur d’interprétation d’Einstein) :

http://www.leprincipemoteurdelunivers.com/pages/experience-train-einstein.html

 

Note (1) : je ne nie pas l’intérêt de la relativité restreinte, mais, conceptuellement, elle est bâtie sur du sable. Certes, il était très important de comprendre qu’il y a un rapport entre espace et temps, mais on ne peut pas se satisfaire de la relativité restreinte et de la relativité générale pour penser ce rapport (se reporter à la lettre circulaire).

 

Philippe de Bellescize