Suite 2 à la lettre circulaire

Le 03/04/2018
 

Bonjour,

 

Pour certains scientifiques, il est évident que je me trompe, mais il peut être tout aussi évident, si l’on suit mon argumentation, que c’est la science actuelle, en ce qui concerne son interprétation des choses, qui est dans l’erreur.

 

Dans la lettre circulaire, je tente de répondre de la meilleure manière possible au questionnement de Richard Taillet au sujet de mon apport possible dans la compréhension de la relativité de la simultanéité. Il est vrai que c’est une question qui peut paraître, pour un spécialiste, complètement triviale, mais, en fait, elle ne l’est pas forcément. Si vous avez lu la lettre circulaire, vous avez sans doute appris que Marc Lachiéze-Rey, d’un côté, remet en cause l’idée de simultanéité (début de section A), et, d’un autre, défend l’idée des boucles temporelles semi-fermées (section C). Or, les boucles temporelles semi-fermées de la relativité générale ne sont envisageables que dans le cadre de la relativité de la simultanéité au niveau physique, ce qui revient à dire qu’elles présupposent une simultanéité relative. Donc, ce qui a été nié au départ est impliqué dans la suite du raisonnement. Nous nous trouvons dans un cas un peu similaire avec la relativité restreinte : ce qui est impliqué au départ, à savoir le principe de relativité de la simultanéité au niveau physique, n’est pas pleinement pris en compte dans la suite du raisonnement. On se donne même un cadre philosophique d’interprétation qui noie cet aspect des choses. Pas étonnant, à partir de là, que les scientifiques aient du mal à accepter mon positionnement, car nous nous trouvons en face d’un véritable sac de nœuds au niveau philosophique. De plus, comme la cause est entendue, on n’a plus le temps de se pencher sur ce problème.

 

Les scientifiques, partisans de la relativité restreinte, ont une approche faussée de la causalité. La causalité, ce n’est pas seulement le rapport entre l’antécédent et le conséquent, c’est aussi ce qui rend compte de l’existence des choses, de leur structure et de leur comportement. Un renversement s’opère : on ne regarde plus ce qui est censé se passer effectivement, on considère l’existence des événements, et donc l’existence des corps « sujet de ces événements », en fonction du cône de lumière. En effet, pour ce qui concerne l’ailleurs (ce qui est hors du cône de lumière), l’ordre temporel entre les événements peut changer, le passé pouvant devenir futur (car il ne s’agissait pas d’un passé absolu). En définitive, cela revient à relativiser l’existence des corps en fonction du cadre théorique, même si cela n’apparaît pas de manière évidente au premier abord. La science, faute de s’appuyer sur une philosophie réaliste en ce qui concerne l’approche causale, s’enferme dans l’opérationnalisme.

 

Pour sortir de ce piège, il suffit, de mon point de vue, de se poser une première question fondamentale, puis d’aller au bout des diverses conséquences :

L’invariance de la vitesse de la lumière implique-t-elle bien la relativité de la simultanéité au niveau physique, telle qu’elle est définie en fin de Section A de la lettre circulaire ?

 Je cite :

« Cela implique le principe de relativité de la simultanéité au niveau physique ainsi formulé : lorsque les deux observateurs sont à la même distance des deux sources lumineuses – c’est-à-dire quand ils sont l’un en face de l’autre –, le rayon lumineux à l’arrière du train est censé exister vis-à-vis de l’observateur de la gare et non vis-à-vis de celui du train (5). La physique n’a pas forcément explicitement exprimé les choses de cette manière-là, car cela implique un raisonnement plutôt philosophique. Il n’y a pas d’invariance de la vitesse de la lumière possible sans relativité de la simultanéité au niveau physique, et cela même sur de très petites distances. »

 

Quelles sont les conséquences du principe de relativité de la simultanéité ainsi défini ?

 

Si l’on répond oui à la première question, il faut aller au bout des diverses conséquences. Ce qui aboutit, dans l’objection de la navette et du missile, à la prise en compte de l’existence du missile en fonction de ce qui est montré sur le diagramme d’espace-temps. Ce que la plupart des scientifiques ne considèrent pas. En effet, ils préfèrent rester dans le cadre d’interprétation qu’ils se sont donné pour justifier leur positionnement. Pas étonnant, à partir de là, qu’ils ne voient pas que la relativité restreinte est conceptuellement bâtie sur du sable.

 

Bien cordialement,

Philippe de Bellescize