Concepts primitifs et cohérence théorique:
quelle partition de base
pour la physique ?
En réponse à @TheOneOz — https://www.youtube.com/@TheoriesofEverything/community
Ce n’est pas le rôle de la physique de déterminer la nature ultime du principe moteur. Son rôle propre est d’établir des rapports cohérents entre des grandeurs physiques et d’en explorer les conséquences formelles et empiriques. En revanche, la découverte du mode d’action du principe moteur est décisive, car elle oriente nécessairement l’approche conceptuelle à partir de laquelle ces rapports sont établis. Elle conditionne la manière dont les grandeurs fondamentales sont définies, articulées et interprétées.
C’est à ce niveau que se situe, selon moi, l’enjeu central : la clarification des concepts fondamentaux que sont la masse, l’espace, l’inertie, l’impulsion et le temps. Ces cinq notions constituent une partition de base, à partir de laquelle peuvent être étudiées les différentes « harmoniques » possibles du monde physique — c’est-à-dire les lois, les dynamiques et les structures dérivées. Avant toute discussion sur les modèles, les équations ou les mécanismes particuliers, c’est donc sur cette partition fondamentale qu’il convient de chercher un accord. Si nous ne partageons pas une compréhension cohérente de ces concepts initiaux et de leur enracinement dans le mode d’action du principe moteur, alors les développements ultérieurs — aussi sophistiqués soient-ils — risquent de diverger irréductiblement.
À partir de là, je peux préciser brièvement comment, de mon côté, ces concepts initiaux se définissent à partir du mode d’action immanent et relationnel du principe moteur.
Masse
La masse correspond à l’unité d’un corps, unité rendue possible par l’action du principe moteur, et qui permet à ce corps, en tant qu’unité particulière, d’entrer en relation avec son environnement. Il existe différentes formes de masse, engagées dans des relations actuelles les unes avec les autres. C’est cette relation effective entre formes de masse qui fonde physiquement le principe d’équivalence.
Espace
L’espace n’est pas un simple fond géométrique, mais un espace de référence réel, constitué par des relations effectives. L’expansion de l’espace (par exemple l’inflation cosmologique) ne relève pas d’un mouvement inertiel ; elle peut donc dépasser la vitesse de la lumière, puisqu’il n’y a ni inertie ni obstacle à cette expansion. En tant que phénomène initial, elle est nécessaire à la constitution même d’un cadre inertiel et peut être comprise comme rendue possible par des particules de très faible masse, assimilables à une forme de matière noire en répulsion mutuelle.
Inertie
Si l’on définit l’inertie comme une résistance au changement d’état, elle suppose toujours l’existence préalable d’un espace de référence réel. On peut distinguer une inertie liée à la stabilité d’un corps dans cet espace, et une inertie liée à l’existence d’une impulsion. Dans les deux cas, l’inertie n’est pas primitive : elle dépend de la constitution de l’espace de référence et de l’action continue du principe moteur.
Impulsion
L’impulsion (entendue ici non comme le mouvement lui-même, mais comme un état dynamique relationnel instantané, pris en compte par l’action du principe moteur) manifeste le rapport dynamique entre les différentes formes de masse engagées dans une relation actuelle. Elle exprime physiquement ce rapport et constitue, à ce titre, le fondement dynamique du principe d’équivalence, en reliant masse, inertie et mouvement dans une même configuration relationnelle.
Temps
Le temps s’inscrit dans l’aspect relationnel de l’espace-temps. Il existe un instant présent commun à l’univers, condition de l’actualité de l’action et du changement, mais également une multiplicité de temps propres, puisque le rapport entre deux mouvements peut varier en fonction des conditions spatiales. La variation des rythmes n’abolit pas l’existence d’un présent réel ; elle en constitue une modalité relationnelle.
Si j’essaie maintenant de reformuler ton propre cadre en termes de partition conceptuelle fondamentale — et dis-moi si je me trompe — il me semble que tu accordes un rôle premier à la géométrie et à la symétrie (en particulier celle du groupe Monstre), que la masse apparaît comme une contrainte ou un stress du vide dépendant de l’échelle, que l’inertie est largement dérivée, que l’impulsion est comprise comme un flux statistique, et que le temps est identifié à la dynamique entropique elle-même, issue de la minimisation de l’énergie libre.
Autrement dit, ta partition de base me semble essentiellement géométrico-thermodynamique, là où la mienne est relationnelle et causale, fondée sur l’actualité de l’action.
Ma question est donc simplement la suivante :
est-ce bien ainsi que tu comprends ta propre partition conceptuelle de départ ? Et considères-tu que les notions d’inertie et de présent réel y conservent un statut physique fondamental, ou bien qu’elles sont entièrement dérivées de la symétrie et de la thermodynamique ?
Il me semble que c’est précisément à ce niveau — celui de la partition conceptuelle initiale — que se situe l’éventuel point de divergence, avant toute discussion sur les modèles ou les équations.
Autrement dit, notre désaccord éventuel ne porterait pas sur les outils mathématiques ou les lois dérivées, mais sur ce que nous tenons, en amont, pour physiquement premier.