Einstein à la plage

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Pour approfondir
Horloges, simultanéité et existence du temps
Le fait que des horloges battent à des rythmes différents n’implique pas que le temps lui-même n’existe pas.
Le fait que des horloges ne battent pas au même rythme selon leur position spatiale ou leur mouvement n’implique nullement que le temps n’existe pas.
Cela signifie seulement que le rythme des processus physiques dépend des conditions spatiales, ce qui est très différent d’une négation du temps lui-même.
On ne peut pas arbitrairement éliminer la possibilité que deux horloges « identiques », placées dans des conditions spatiales différentes — par exemple à deux étages différents d’un même immeuble — tournent simultanément à des rythmes différents.
De même, le fait que l’on ne puisse pas déterminer la simultanéité de deux événements distants indépendamment de toute convention de mesure n’implique nullement que la simultanéité n’existe pas.
Il s’agit là d’une limite de nos procédures de mesure et non d’une propriété ontologique.
Par ailleurs, le fait que l’on ne mesure que des durées propres, c’est-à-dire des temps locaux associés à des processus physiques particuliers, n’implique pas que le temps en tant que tel n’existe pas.
Là encore, on confond une contrainte opératoire avec une conclusion portant sur la nature du réel.
Marc Lachièze-Rey fait l’impasse sur ces distinctions, en passant d’un constat de limitation expérimentale à une interprétation ontologique beaucoup plus forte, qui reste pourtant discutable.