Vers une Théorie Unifiée de l'Univers

 

Idée déposée en réponse à 

Global call for ideas — With the potential to change the world...

 

Templeton World Charity Foundation

24 novembre 2025 – 13 février 2026


 

Le mode d’action du principe moteur de l’univers
Fondement d’une conception plus unifiée de l’espace-temps

 

Il n’existe pas une multitude d’hypothèses possibles concernant le mode d’action du principe moteur de l’univers. Une analyse causale rigoureuse, attentive à la cohérence effective des phénomènes, conduit à la seule possibilité réellement envisageable : une action immanente par interrelation, selon la détermination des éléments. Ce principe constitue le fondement ultime permettant de penser l’espace-temps sans réduire la causalité à un simple formalisme abstrait.

La mise en évidence de ce mode d’action peut être abordée conjointement par la philosophie et par la physique. Si la nature du principe moteur ne relève pas du champ propre de la physique, celle-ci peut néanmoins intégrer son mode d’action comme un postulat fondateur, permettant une approche cohérente des phénomènes, fondée sur une conception causale allant au-delà des seules formulations mathématiques. Une telle démarche ouvre un point de rencontre pratique entre philosophie et physique et conduit à envisager l’espace-temps sous un angle renouvelé, en lien étroit avec les relations effectives entre les corps et les conditions de leur devenir, tout en suggérant que certaines interprétations traditionnelles puissent être précisées ou complétées.

Cette approche présente une parenté significative avec la théorie du bootstrap proposée par Chew, telle qu’elle est exposée par Basarab Nicolescu :

« Voici une définition (…) du bootstrap donnée par Chew : le seul mécanisme qui satisfait aux principes généraux de la physique est le mécanisme de la nature (…); les particules observées représentent le seul système quantique et relativiste qui peut être conçu sans contradiction interne. Chaque particule nucléaire joue trois rôles différents :
1. un rôle de constituant des ensembles composés ;
2. un rôle de médiateur de la force responsable de la cohésion de l’ensemble composé ;
3. un rôle de système composé.

Dans cette définition, la partie apparaît en même temps que le tout. La nature est conçue comme une entité globale, non séparable au niveau fondamental. »

(Basarab Nicolescu, Nous, la particule et le monde, Le Mail, 1985, p. 41–42)

Il reste dès lors à appliquer cette perspective à l’espace et au mouvement. Dans ce cadre, « l'objection de la navette et du missile » constitue un point de passage obligé, en ce qu’elle confronte les principes actuels de la physique relatifs à l’espace-temps à une situation physique concrète où la cohérence causale ne peut être éludée. Elle oblige à expliciter les conditions sous lesquelles ces principes conservent une véritable signification physique et contribue ainsi à maintenir ouverte la dynamique de la recherche, en facilitant une possible évolution du cadre conceptuel de la physique.

La reconnaissance de différents niveaux d’abstraction dans une théorie physique — vision du monde, formalisation mathématique et formulation opérationnelle — conduit naturellement à admettre une autonomie relative entre ces registres. Elle invite ainsi à dépasser l’idéal d’une « théorie du tout » conçue comme un formalisme clos et autosuffisant, pour ouvrir la voie à une réflexion fondationnelle plus féconde. Il ne s’agit plus d’enfermer le réel dans un système définitif, mais d’expliciter les principes causaux à partir desquels les concepts initiaux de la physique — masse, espace, inertie, impulsion, temps — peuvent être repensés et unifiés dans un cadre relationnel cohérent. Une telle démarche n’abolit ni la profondeur du réel ni sa part de mystère ; elle les assume au contraire comme des dimensions constitutives, en réintégrant le sens et la place de l’homme au cœur d’une véritable théorie générale de l’univers.

Cette perspective ouvre alors un espace de travail intermédiaire entre plusieurs disciplines, en particulier entre la philosophie et la physique, tout en présentant un intérêt réel pour la théologie, dans la mesure où elle éclaire le lien entre l’intelligibilité du monde et la place de la vie. Elle rend possible un vaste travail épistémologique, orienté vers une compréhension plus profonde, plus cohérente et plus unifiée de notre rapport au monde.

The driving principle of the universe and spacetimePDF qui a été joint à ce dépôt d'idée


© Philippe de Bellescize, 21-12-2025 : transmis à Curt Jaimungal 14-01-2026

Ressources :

A Curt Jaimungal - un angle mort logique dans le raisonnement relativiste ?

La pyramide de la théorie du tout

Logique du tiers exclu et tiers inclus : discernement et sagesse

Science et religion - BasarabNicolescu : Le titre de la vidéo ne reflète qu’imparfaitement la portée réelle de cette réflexion, qui s’inscrit sans confusion de domaines dans une approche plus largement transdisciplinaire, notamment en physique et en philosophie.

Pour la petite histoire, j’avais rencontré Basarab Nicolescu lors de la sortie de mon premier livre, À la recherche de la théorie de l’univers, en 1990. Il s’était alors particulièrement intéressé au système de pensée que je développais à partir d’un postulat conceptuel formulé à l’époque de la manière suivante :

Affirmation de l’existence de deux éléments initiaux

  1. un principe actuant ;
  2. l’ensemble des constituants de la matière initiale, ayant chacun quantité (dimensions non compressibles) et détermination (capacité d’orienter l’action du principe actuant).

Rôle de ces deux éléments initiaux

  1. le principe exerce une action immanente et non locale, il cause l’unité ;
  2. tous les constituants reçoivent cette action du fait de leur quantité, et, en tant qu’ils la reçoivent, l’orientent (du fait de leur détermination).

Définition du terme « unité » dans ce postulat

  1. relation réciproque d’un constituant ou d’une partie avec les autres constituants ou parties ;
  2. relation de type a), impliquant en plus un contact de type quantitatif.

(On remarquera que, dans cette définition de l’unité, la non-localité est implicitement présente.) Basarab Nicolescu m’avait alors incité à continuer dans cette direction, sans que je mesure encore pleinement, à l’époque, toutes les implications de cette démarche.

 

De même, je n’avais sans doute que très peu consulté le livre tout à fait essentiel de Basarab Nicolescu, Nous, la particule et le monde. Aujourd’hui que j’ai pu me le procurer à nouveau dans une version plus récente, je mesure pleinement l’apport fondamental de cet ouvrage — désormais épuisé — dans la compréhension des enjeux de la physique quantique, tant au niveau philosophique que scientifique. Il me semble qu’une des premières choses à faire serait d’en rendre à nouveau accessible le contenu au plus grand nombre.